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Ma table antique

Sans Jean-Louis et Marie, je n’aurais pas vu cette magnifique table, dans la boutique d’un antiquaire. Jean-Louis avait pris l’habitude d’aller dans cet antre, digne d’un roman de Balzac, lorsqu’il avait eu une semaine difficile. Comme il me l’avait expliqué, il se délassait en contemplant un beau chandelier, des meubles en marqueterie, des chaises sculptées. Il n’avait pas toujours la possibilité d’acheter les objets qui lui plaisaient, mais cela ne le dérangeait pas. Ce qui le poussait à venir là, c’était plutôt un amour pour les belles choses. Il s’attardait devant la dorure d’un cadre, contemplait rêveusement la ligne d’un sofa, s’extasiait devant la finesse des feuilles représentées sur le pied d’une table. C’est ainsi qu’il découvrit la mienne. Plus distrait que lui, et aussi moins passionné, j’avais un regard plus distant vis-à-vis de ces objets. J’étais dans un coin, où j’avais vu un joli tableau, quand mon ami m’appela.

Il avait vu un meuble tel que celui que je recherchais désespérément, depuis plusieurs mois. Je voulais une console, que je placerais dans mon entrée, pour poser dessus mon téléphone et mes clés. Comme j’avais une idée précise de ce que je souhaitais, je n’avais rien vu qui convenait, jusque-là. La découverte de cette magnifique petite console était providentielle. J’ai, tout de même, vérifié si je pouvais me l’offrir, car parfois, l’antiquaire a une façon très personnelle d’évaluer la valeur des objets qu’il vend. J’ai vu que je pouvais régler le montant réclamé sans problème. Le seul ennui résidait dans la manipulation de la délicate tablette, en verre gravé. Elle avait l’avantage d’être lourde, je l’espérais donc solide, mais elle nécessitait d’être transportée avec beaucoup de délicatesse. J’ai demandé un emballage conséquent pour qu’elle ne soit pas endommagée. J’ai frémi à chaque virage et à chaque choc que je ressentis sur la route.

J’avais oublié que je devais recevoir, ce même jour, un professionnel pour l’installation plancher flottant. Je l’ai reçu, puis j’ai monté mon dernier achat avec une attention toute particulière. Prise dans un montant en fer forgé, calée par des pattes de serrage astucieusement ajoutées par le créateur, mais totalement invisibles, la surface en verre ne craignait plus rien lorsque je l’eus installée. La finesse des pieds en fer, recouverts d’un lierre et de petites clochettes, et le style Art Nouveau des gravures sur le verre, donnèrent à mon vestibule des allures d’hôtel des années mille-neuf-cent-trente.

 

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Tim, le souriant : c’est ainsi qu’on le surnomme. Joyeux dans la vie comme sur le Web, ses textes ont souvent ce petit côté amusant et drôle qui nous donne envie de lire le prochain billet. Mais son blogue n’est pas uniquement amusant, Tim désire aussi bien informer son lectorat. Ses sujets de prédilection : les contenus scientifiques, l’esthétique et des tranches de vie pour couvrir des sujets variés. Lisez-le…et vous comprendrez!